Droit des sociétés

Donation de parts sociales : l’acte authentique est indispensable

Arrêt de la Cour de cassation du 11 février 2026

La transmission de parts sociales au sein d’une famille ou d’une entreprise est une pratique fréquente dans la gestion et l’organisation du patrimoine.
Dans un arrêt rendu le 11 février 2026, la Cour de cassation est venue rappeler un principe essentiel : les parts sociales ne peuvent pas être transmises par don manuel. Une telle donation doit nécessairement être constatée par acte authentique reçu par notaire.

Une confusion fréquente avec le don manuel

Le don manuel est admis pour certains biens qui peuvent être remis matériellement au bénéficiaire, comme une somme d’argent, un chèque, un bijou ou un objet de valeur. La donation est alors réalisée par la simple remise du bien. Toutefois, cette faculté ne s’applique pas à l’ensemble des biens.
La Cour de cassation rappelle ainsi que les parts sociales ne peuvent pas faire l’objet d’un don manuel, leur transmission à titre gratuit devant impérativement être formalisée par un acte notarié.

La nature particulière des parts sociales

Les parts sociales constituent des droits incorporels représentant une fraction du capital d’une société. Elles confèrent à leur titulaire des droits patrimoniaux (perception de dividendes) mais également des droits politiques (participation aux décisions collectives). Contrairement à un bien matériel, elles ne peuvent donc pas faire l’objet d’une remise physique permettant de caractériser un don manuel.
C’est pourquoi leur transmission nécessite un acte authentique, seul à même de garantir la validité juridique de l’opération.

Dans quelles situations cette règle s’applique-t-elle ?

Cette exigence concerne notamment les situations suivantes :

  • la donation de parts de SCI à ses enfants dans le cadre d’une organisation patrimoniale ou successorale ;
  • la transmission de parts de SARL au sein d’une famille ;
  • l’anticipation de la transmission d’une entreprise par donation de parts sociales ;
  • la réorganisation du capital d’une holding familiale.

Les conséquences d’une donation irrégulière

Lorsqu’une donation de parts sociales est réalisée sans acte notarié, la sanction est particulièrement sévère : la donation encourt la nullité.

Autrement dit, elle est juridiquement considérée comme n’ayant jamais existé. Les parts sociales demeurent dans le patrimoine du donateur, ce qui peut entraîner des conséquences importantes :

  • remise en cause des droits de vote exercés par le bénéficiaire,
  • contestation des dividendes perçus,
  • difficultés dans l’organisation de la transmission familiale ou de l’entreprise,
  • risques de contentieux entre associés ou entre héritiers.
  • conséquences fiscales : remise en cause potentielle les régimes appliqués lors de la transmission, notamment les abattements ou exonérations éventuellement revendiqués, et rectifications accompagnées d’intérêts de retard, voire de pénalités.

Le rôle du notaire : sécuriser la transmission

Le recours au notaire ne constitue pas une simple formalité.
L’acte authentique permet de sécuriser juridiquement l’opération et de l’inscrire dans une réflexion patrimoniale plus globale.

Le notaire accompagne les parties notamment pour :

  • vérifier la conformité de la donation envisagée avec les dispositions contenues dans les statuts de la société ;
  • organiser la transmission dans le respect du droit des sociétés et du droit des successions ;
  • optimiser la transmission sur le plan fiscal (abattements, démembrement de propriété, pacte Dutreil, etc.).

Une transmission anticipée et juridiquement sécurisée contribue à préserver l’équilibre familial et la pérennité de l’entreprise.

Vous envisagez de transmettre des parts sociales ?

Une donation de parts sociales doit être préparée avec attention afin d’en garantir la validité et l’efficacité.

Nous nous tenons à votre disposition pour vous accompagner dans vos projets de transmission et sécuriser vos opérations patrimoniales et sociétaires.

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